Bon et alors, maintenant quoi ?

C’est super, ce matin le téléphone sonne, et, c’est LUI !… huit heure et demi, elle est partie bosser. Enfin bien entendu, c’est lui qui appelle car on ne sait jamais si « madame » avait eu un peu de retard ce matin avant de quitter le domicile conjugal !?

Et moi comme une andouille, j’attends. Et oui, chaque matin j’espère qu’il va m’appeler et me demander si je suis libre aujourd’hui, si j’aimerais qu’il vienne me rendre une petite visite…

Mais enfin bon sang il ne comprend rien ? … Il le fait exprès ou quoi ? Cela fait déjà une semaine que j’attends ce moment… et moi je réponds avec l’air le plus détaché possible : Ouais, ce matin je n’avais encore rien de prévu. Tu as de la chance !  »

Je sais que je ne peux pas lui avouer que j’attends ce moment depuis… et bien la dernière fois que nous nous sommes vu ou même encore pire, la dernière fois il m’a appelé pour me dire d’une voix sussureuse qu’il pensait à moi et que je lui manquais ! Pfft tu parles !

J’ai vraiment l’impression de me faire avoir ! Et puis en fait ce n’est pas une impression… Je me laisse leurrer par ce mâle en rute qui n’a pas pu avoir les  faveurs si attendues de « madame » car c’est pas son truc à elle de le lécher !

Mais il est temps d’aller me préparer,  me scruter dans le miroir pour ne rien laisser au hasard. Je m’épile, me frotte le corps avec le dernier exfoliant qui m’a coûté une fortune, me barbouille la figure du masque d’argile verte dernier cri que m’a recommandé ma copine, me crème, me parfume,… Chaque centimètre de peau doit être parfait !

Et voilà, je jette un dernier coup d’oeil dans le glace, range en vitesse tout ce qui traine, prépare un plateau avec deux jolies tasses pour un petit café en tête à tête à son arrivée. Rien n’est trop beau pour LUI !

11 heure… 11 heure 30… midi moins le quart… Qu’est-ce qu’il fait ? J’en peux plus d’attendre. J’ai mis la musique qu’il aime, me suis remis du rouge à lèvre, j’ai sorti les sex toys sur ma table de nuit et maintenant quoi ??? Je l’appelle ou je reste cool et fais celle qui s’en fout ?

J’en peu plus, j’en ai marre de cette vie, je me déteste ! Comment en suis-je arrivée là ? Je passe mon temps à attendre et c’est pas fini si je ne change pas de cap. Il m’avait prévenu qu’il ne quitterai pas ses enfants donc pas sa femme bien évidemment… Je trouvais sympa d’avoir  une relation sans « embrouilles » ni « contraintes ». Et finalement, je me les ai suis collées toute seule les contraintes : attendre, espérer, sortir toujours seule, avoir la boule au ventre en l’imaginant avec bobonne est ses nains…

Et MOI alors ? J’ai envi d’hurler : « Raz le bol »! Fini, assez, il est temps de mettre un terme à cette histoire qui me rend dingue. Je ne me reconnais plus…

Aujourd’hui, je lui parle !

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La maîtresse de Monsieur

Middle aged man on the phone working at home in from of a laptop wearing a bathrobe and drinking a cup of coffee

Episode 1 : La rencontre

Aujourd’hui, les hommes mariés s’éclatent sur les sites de rencontre !!!

Ils font leur marché, quand l’envie les prend…

Première étape : repérage… pas mal celle-là … et celle-là ?…

Là vous recevez un petit mot : « Bonjour, votre sourire charmeur ne me laisse pas indifférent. »

Après quelques échanges de messages, il vous propose de vous donner son numéro de téléphone ou son e-mail pour singulariser l‘approche.

Quelques échanges téléphoniques, une rencontre… La relation est déjà en chemin…

Il vous flatte, s’intéresse à vous, vous pose tout genre de questions sur votre vie passée et présente…

Toute la puissance du séducteur est déchainée.

Vous voilà sous le charme ! vous en parlez à vos copines : «  Tu sais, Nadine, il est superrrr… »

Et puis, BOUM ! La nouvelle tombe comme une bombe : « Je suis marié, je me devais de te le dire. Mais voilà, tu me plais… »

Etourdie par la violence du coup ? Besoin de quelques minutes pour retrouver vos esprits ?

Maintenant, que faire ?

Vous vous voyez avoir une relation avec un homme marié (ou tout comme) ?

Ou, vous sentez-vous déjà dans une relation avec cet homme ?

Quelle est la bonne décision ?…

Oh oui, il vous plait, vous attire irrésistiblement. Vous êtes charmée par vos conversations passionnées, par les vers enflammés qu’il vous envoie à toute heure du jour ou de la nuit. Il vous flatte, vous surprend, vous intrigue. Il hante vos pensées. Son odeur, le son de sa voix, sa main qui vous effleure vous font frissonner et éveille tous vos sens.

Doucement, l’attraction devient si intense qu’elle en devient un doux supplice.

A chaque échange de regard, vous ressentez comme un courant électrique qui vous traverse le corps.

Le dénouement est, de toute façon, prédictible, inévitable…

Mais enfin ! Quelle peut être la gratification, la satisfaction de vivre une histoire avec un homme « marié » ?

Beaucoup de femmes y trouvent plein de satisfactions et de bénéfices.

Vous aussi peut-être ?

Et de plus, quel challenge ! L’apprivoiser, l’enjôler, le captiver, quel kiff !

Et ce qui est arrangeant : pas d’engagement !

Pas de pot de colle ! Pas besoin de les remettre à leur place ! De l’air, de l’espace ! Les limites sont posées naturellement et simplement !

Cela nous donne du temps pour se poser les bonnes questions :

En vaut-il la peine ? Que suis-je prête à concéder ?

Hé oui. Le résultat peut être : Pas de Prises de Tête !

 Pas d’implication dans ses problèmes de boulot, ses soucis financiers, ses rages de dent et son train-train quotidien. Ouf !

Souvent dans ce type de relation, l’homme affiche le meilleur de lui-même. Il se laisse aller à des confidences qu’il vous dévoile dans l’intimité. Il est merveilleux, si sensible…

Ce n’est que pur plaisir !

Et honnêtement, cette aventure peut être très amusante, voire passionnante !

Imaginez : vous rencontrer cet homme charmant, séduisant, attentionné qui a envie de vous plaire, de passer du temps avec vous… Il vous appelle juste pour entendre le son de votre voix… envoie des textos à tout heure du jour et de la nuit …ne tarie pas de compliments… susurre des mots doux…

Craquant, non ?

Pour le moment…

Lovely couple in bed, focus on feet

Le temps de vivre

Poème de Anna de Noailles – Recueil : Le coeur innombrable (1901)

Déjà la vie ardente incline vers le soir,
Respire ta jeunesse,
Le temps est court qui va de la vigne au pressoir,
De l’aube au jour qui baisse,

Garde ton âme ouverte aux parfums d’alentour,
Aux mouvements de l’onde,
Aime l’effort, l’espoir, l’orgueil, aime l’amour,
C’est la chose profonde ;

Combien s’en sont allés de tous les cœurs vivants
Au séjour solitaire
Sans avoir bu le miel ni respiré le vent
Des matins de la terre,

Combien s’en sont allés qui ce soir sont pareils
Aux racines des ronces,
Et qui n’ont pas goûté la vie où le soleil
Se déploie et s’enfonce.

Ils n’ont pas répandu les essences et l’or
Dont leurs mains étaient pleines,
Les voici maintenant dans cette ombre où l’on dort
Sans rêve et sans haleine ;

— Toi, vis, sois innombrable à force de désirs
De frissons et d’extase,
Penche sur les chemins où l’homme doit servir
Ton âme comme un vase,

Mêlé aux jeux des jours, presse contre ton sein
La vie âpre et farouche ;
Que la joie et l’amour chantent comme un essaim
D’abeilles sur ta bouche.

Et puis regarde fuir, sans regret ni tourment
Les rives infidèles,
Ayant donné ton cœur et ton consentement
À la nuit éternelle.
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Aux femmes

S’il arrivait un jour, en quelque lieu sur terre,
Qu’une entre vous vraiment comprît sa tâche austère,
Si, dans le sentier rude avançant lentement,
Cette âme s’arrêtait à quelque dévouement,
Si c’était la Bonté sous les cieux descendue,
Vers tous les malheureux la main toujours tendue,
Si l’époux, si l’enfant à ce cœur ont puisé,
Si l’espoir de plusieurs sur Elle est déposé,
Femmes, enviez-la. Tandis que dans la foule
Votre vie inutile en vains plaisirs s’écoule,
Et que votre cœur flotte, au hasard entraîné,
Elle a sa foi, son but et son labeur donné.
Enviez-la. Qu’il souffre ou combatte, c’est Elle
Que l’homme à son secours incessamment appelle,
Sa joie et son appui, son trésor sous les cieux,
Qu’il pressentait de l’âme et qu’il cherchait des yeux,
La colombe au cou blanc qu’un vent du ciel ramène
Vers cette arche en danger de la famille humaine,
Qui, des saintes hauteurs en ce morne séjour,
Pour branche d’olivier a rapporté l’amour.

Et que votre cœur flotte, au hasard entraîné,
Elle a sa foi, son but et son labeur donné.
Enviez-la ! Qu’il souffre ou combatte, c’est Elle
Que l’homme à son secours incessamment appelle,
Sa joie et son espoir, son rayon sous les cieux,
Qu’il pressentait de l’âme et qu’il cherchait des yeux,
La colombe au cou blanc qu’un vent du ciel ramène
Vers cette arche en danger de la famille humaine,
Qui, des saintes hauteurs en ce morne séjour,
Pour branche d’olivier a rapporté l’amour.

Louise Ackermann, Paris, 1835